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Je vais à la mine

Me ta damenda
Au printemps 2008, dans une forêt à quelques kilomètres du village de Kola au Mali, un filon aurifère a été découvert. En quelques semaines des familles entières, venues des villes et des pays voisins, se sont installées sur le site.
Coupée a la machette, la forêt a peu à peu laissé place à une petite ville, le « Bougoufié » où poussent les unes contre les autres de petites huttes de plastique et de paille.
Dans cet apparent chaos, une véritable organisation sociale et économique a pris place avec ses chefs, ses règles, ses réseaux et ses métiers.
Arrivant chaque jour de la ville ou des villages les plus proches, des centaines de personnes apportent leurs services : porteurs d’eau, concasseurs de pierres, fabricants de Kaladian, prostituées, tous voient en cette mine une opportunité nouvelle de s’en sortir.

A deux kilomètres en contrebas, sur le Damafié (la mine) les Ton Boloma, les membres du comité qui dirige le lieu, distribuent les parcelles, définissent les règles pour creuser les puits, les galeries et gèrent les conflits.
Les Kaladian Tigui, (ceux qui portent le Kaladian, petite pioche en bambara) affluent de toutes parts (Sierra Leone, Sénégal, Guinée, Côte d’Ivoire...). Armés de leur Kaladian, de sacs de tissus et de quelques mètres de corde pour évacuer les pierres, ils s’enfoncent sous terre. Dans ces profonds boyaux, où règne une chaleur moite et suffocante, ils cognent du lever du jour au coucher du soleil à la recherche de la pépite ou des quelques grammes d’or qui les feront sortir de leur dénuement.