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Fête des Guédés

Le 1er et 2 novembre le cimetière de Port-au-Prince est envahi par la population venant rendre hommage à ses morts. C’est la fête des Guédés, les esprits de la mort et de la résurrection dans le panthéon vaudou. Ayant déjà vécu ils ne craignent plus rien. Poudrés, armés de lunettes parfois à l’envers, vêtus de noir ou de violet, ils sillonnent les allées en proférant des obscénités. Rires et amusement avant tout au son de bandes de raras.
Leur parcours mène à un enclos noir au centre duquel se trouve la croix de Baron Samedi, le maître du cimetière. Les visiteurs viennent lui rendre visite avec des offrandes (alcool, pain, objets de dévotion…) et tapent sur sa croix et brûlent un cierge en espérant qu’il leur apportera une vie meilleure. Houngans, Mambos , Hounsis vêtues de blanc, initiés et vaudouisants se doivent de participer à cette fête carnavalesque.
Des joutes de Barons( Samedi, Lacroix Kriminel, Cimetière) se déroulent tandis que quelques adeptes s’enduisent les parties génitales de concoction pimentée accompagnées de paroles ordurières. Baron Samedi monte sur sa croix effectue des gestes ancestraux et silencieux reçoit les invectives de la foule. Insultes, compliments, prières dans une ambiance d’exaltation collective. Non loin se trouve son épouse, Grande Brigitte coiffée d’un chapeau pointu et d’un voile noir fumant sa pipe. Elle recueille les vœux de tous ceux qui viennent lui donner un petit cadeau, un billet, une cigarette ou une bouteille de rhum.
Images pieuses, chapelets, cierges se mêlent aux ossements et autres ouangas dans ce parfait syncrétisme que représente le vaudou en Haïti.